Caen 2014 -- Alternative à Gauche

Argumentaire Transports gratuits pour tous Et retour en régie directe du transport caennais

(déposé le 2014-02-14)

Argumentaires-Municipales mars 2014-Caen

Transports gratuits pour tous

Et retour en régie directe du transport caennais

Une urgence écologique et de santé publique.

Les voitures représentent un coût financier important et sont parmi les principales causes de la pollution. Un gouvernement réellement de gauche devrait être en rupture avec la politique du tout payant et engager une véritable politique écologique, une véritable politique de santé publique.

Depuis 20 ans la pollution due au trafic automobile a augmenté de 30 % et c'est en ville que la pollution est la plus ressentie.

Les émissions des gaz de pots d'échappement contribuent à l'augmentation des problèmes respiratoires et les moteurs diesel ont notamment été reconnus comme «cancérogènes certains» par l'Organisation mondiale de la Santé en 2012.

Si les transports en commun étaient gratuits, ils seraient beaucoup plus fréquentés et il y aurait donc moins de voitures qui circuleraient et moins de danger de santé !

Une urgence sociale

Pour un grand nombre de citadins, notamment les jeunes et les personnes en difficulté financière qui n'ont pas de voitures le bus ou le tram sont les seuls moyens de transport. La liberté de circulation est un droit fondamental. La gratuité est le meilleur moyen de la garantir à tous. Cela suppose aussi une ré-organisation totale du réseau pour le rendre plus fiable. La gratuité redynamiserait le centre ville avec la présence de nouvelles de la population qui ne peuvent accéder aux transports comme les personnes âgées qui ne peuvent plus conduire, les personnes handicapées physiques ou déficientes mentales.

Un retour en régie directe

La société des bus était une société municipale. Elle a été privatisée par le conseil municipale de M… en 19 … ??. Comme presque toujours dans ce cas de figure, les actionnaires ont exigé des dividendes de plus en plus importants, ce qui s’est fait au détriment des usagers et des salariés de l’entreprise : en augmentant le prix du billet, diminutions des frais d’entretien des voies et des véhicules, compression des effectifs au dessous du seuil nécessaire à la bonne marche du réseau, et pour finir détérioration inévitable du service de transport du personnel par la suppression d'effectifs, dégradation de la sécurité et de la qualité du service pour les voyageurs et les conducteurs.

Cette mesure serait-elle utopique ?

C’est ne pas tenir compte qu’elle est déjà une réalité et une réussite incontestable dans 23 villes de France, dont Châteauroux, Castres, Figeac, Compiègne, Issoudun, Aubagne, etc. Mais c’est valable aussi en dehors de France. En Estonie, par exemple, la capitale est adoptée le transport gratuit pour les usagers.

Cela montre que c’est possible. Mais ce choix est responsable et juste politiquement (garantie de la liberté de déplacement), écologiquement (diminution des gaz à effet de serre) et socialement (protection du pouvoir d’achat des plus modestes). Ajoutons qu’elle est économiquement viable, puisqu’on enregistre à chaque fois une importante augmentation de la fréquentation.

Nous savons que cette proposition rencontrera des questions, voire des oppositions. Comment l'organiser ? Que deviendra les personnels de vente et de contrôle des tickets ? Et surtout comment financer cela ?

La gratuité des transports s'inscrit dans le cadre d'une politique sociale et de développement économique et durable Une fois débarrassé de la prédation que représentent les dividendes, cela peut se faire à coûts constants. Même si toutes les situations locales diffèrent à chaque fois, les conditions et les résultats du passage à la gratuité et en régie publique sont connus.

L’emploi : Reconversion des personnels de contrôle d’autant plus aisée que tous sont déjà chauffeurs. La prise en compte de l’augmentation de la demande qualitativement et quantitativement a pour effet un développement du réseaux et la création de nouveaux emplois.

Le financement: : Dans la situation actuelle, le prix du ticket de bus ou de tram ne couvre que 10 % du budget global Les 90% restant est déjà pris en charge par le contribuable . Une partie importante est absorbée par les coûts de recouvrement 'dont le financement du contrôle. Sa recette équivaut aux versements aux actionnaires que l'on supprime par la régie directe. Cette dernière met fin aussi aux privilèges de Kéolis dans la vente plus cher des pièces détachées. Enfin pourquoi ne pas faire  participer plus les grandes surfaces qui bénéficient de lignes privées. Enfin une piste à creuser :pourquoi maintenir un syndicat mixte  avec le conseil géneral mais ce dernier n'est il pas parti ?et ne pas faire du transport une compétence communautaire ? là encore économies à faire

L’environnement : Le nombre de véhicules en ville suppose un aménager de parkings gratuits aux abords de la ville et au plus proche des stations et arrêts de bus auprès de zones de stationnement pour ceux qui ont fait le choix du covoiturage.

La sécurité : Contrairement à ce qui est répété en boucle, la gratuité n’a aucun effet négatif en terme de sécurité (incivilités). Les lois et des règlements n’ont pas pour but de prendre les gens en faute, mais de permettre la vie en commun. Partout où elle est à l’oeuvre, la gratuité a un impact positif au niveau du lien social et donc de la sécurité des employés comme des usagers.

Deux exemples de villes qui ont appliqué la gratuité

A Châteauroux, (76 000 habitants) les transports sont gratuits depuis 2001. Un an après l'instauration de la gratuité, la fréquentation avait progressé de près de 81 %. En dix ans, le nombre de kilomètres couverts par le réseau de bus a augmenté de plus de 42 % et la fréquentation est passé à 61 voyages par an et par habitant (pour une moyenne nationale de 38 voyages par an et par habitant dans les villes de moins de 100 000 habitants).

A Aubagne (103 000 habitants) Le projet intitulé ''Liberté, égalité, gratuité'' a été mis en place après concertation avec la population.

Dès les six premiers mois on a constaté une augmentation de 15 % (sur les deux millions de kilomètres parcourus par les bus par an) et une augmentation de 70 % de voyageurs sur les lignes régulières.

Le projet comprend ''le bus à la demande''. Il suffit d'appeler la veille et de commander une navette et cette opération est gratuite pour les usagers.

Au bout de quatre ans, la pratique de la gratuité est entrée dans les mœurs. Un pari réussi qui a vu une augmentation de ses 11 lignes régulières de 173 % depuis 2009. D'après une étude réalisée par la communauté d'agglomération en mai 2012, le principal motif de déplacement concerne les études (les étudiant-e-s, lycéen-ne-s etc...) et le travail à 55 % et les utilisateurs sont en majorité des jeunes (1 sur 2 ont moins de 25 ans).

Autre effet de la gratuité. Les dépenses afférentes aux frais de transports permettent aux personnes en difficulté de transférer ces montants vers d'autres dépenses indispensables.

Les conflits qu'il pouvaient survenir entre les voyageurs et les contrôleurs ont bien sûr disparu, mais aussi les incivilités tant vis-à-vis des chauffeurs que des autres voyageurs. Le fait que tout le monde se trouve sur un pied d’égalité a pour effet une retombée des tensions.

 

Documents associés complémentaires

PRINCIPAUX RESULTATS · La gratuité totale dope la fréquentation d’un réseau. A Châteauroux, celle-ci a été doublée. Cette hausse résulte pour plus de la moitié de reports modaux depuis l’automobile. · La gratuité constitue cependant un facteur d’attractivité des transports urbains parmi d’autres, auxquels elle ne peut se substituer (amélioration des fréquences, etc.). · En outre, comme toutes les autres mesures en faveur des transports urbains, elle ne peut à elle seule tenir lieu de politique des déplacements et doit, pour toucher significativement les non captifs, s’accompagner de contraintes sur l’automobile (circulation et stationnement) et d’un urbanisme cohérent. · On peut préférer à la gratuité totale la mise en place d’une grille tarifaire très attractive pouvant inclure la gratuité pour certains publics, notamment les personnes à bas revenus. Cette solution a, entre autres, l’avantage de laisser une marge de manoeuvre financière pour améliorer l’offre. · On peut se poser la question de la légitimité de faire payer l’usage des transports collectifs, alors que les coûts des autres modes de déplacement sont, pour l’essentiel, pris en charge par la collectivité (et donc par l’impôt) et peu ou pas par les usagers de ces modes. · Enfin, rendre les transports publics financièrement plus attractifs passe également par une information sur les coûts réels de la voiture et par une hausse de ces coûts (carburant, stationnement, péage urbain…).
Licence : Licence inconnue -- D.R.