Caen 2014 -- Alternative à Gauche

Argumentaire urgences sociales

(déposé le 2014-02-14)

Argumentaire urgences sociales


 

Les politique libérales visent à faire payer aux salariés, retraités et chômeurs la croissance des profits dont la part dans la richesse ne cesse d'augmenter. Ceci amène les libéraux à remettre en cause les droits et en particulier les droits sociaux. N'attendons pas d'être au niveau de misère de la Grèce ou de dégradation des situations salariales comme en Espagne pour réagir ! Il faut vite changer de politique


 

Un emploi, un revenu décent ! pour répondre :

  • au chômage 33279 chômeurs dans le Calvados (en Basse Normandie à peine 50% des chômeurs sont indemnisés, le chômage de longue durée augmente, celui dit des séniors aussi, il n'y a pas d'inversion de courbe pour tous ceux là) ; il faut rajouter la précarité de l'emploi (les ¾ des embauches se font en statut précaire), le sous emploi imposé dans des temps partiels voire très partiels (supprimer l'ANI qui facilite le temps partiel)

  • la majorité de la population subi une baisse de ses revenus ce qui est particulièrement marqué dans une région à bas salaires . Les retraites ont subi depuis les réformes de Balladur en 1993 une baisse non négligeable jusqu'à 20% pour certaines, une part croissante est au minimum vieillesse (carrières incomplètes féminines et victimes du chômage. Une des conséquences est de rendre la part du logement plus importante pour ces bas revenus (jusqu'à 40% du budget est consacré au logement) accentuant les inégalités sociales liées au travail . Les dépenses de santé - du fait de déremboursements ou coût des mutuelles- représentent une part significative et nouvelle dans les dépenses ...


 

Résultat : de fractions de plus en plus grandes de la population dans des situations de plus en plus difficiles : le moindre incident de parcours et c'est la chute dans la pauvreté. (19% de la population sous le seuil de pauvreté et une longue habitude patronale de bas salaires en Basse Normandie)

Dans le même temps les revenus du Capital ne cessent d'augmenter : augmentation des patrimoines (sur Caen 2 424 996 € de patrimoine moyen par contribuable à l'ISF) des dividendes, certaines entreprise du CAC 40 ne sont quasiment pas imposées ou peu ce qui rend mensongers les discours sur la soi disant surimposition des entreprises.

Une donnée ; à Caen 546 contribuables payent l'impot sur la fortune pour 1,3 milliard  de patrimoine, 19000 personnes vivent avec moins de 977 par mois.


 

Refuser l'autérité, une politique économique et sociale alternative

Nous avons des réponses au niveau national et européen pour d'autres choix qu'une politique  d'austérité dont les conséquences sont désastreuses:

  • pour l'emploi par la réduction du temps de travail ( il suffit aujourd'hui de travailler 30h pour travailler toutes et tous …) aussi pour améliorer les conditions de travail (voir montée de la souffrance au travail). L'interdiction des licenciements et la remise en cause de l'ANI qui rend les plans de réduction d'emplois plus faciles et entérine une baisse des droits. On peut aussi donner aux salariés et pourquoi pas aux collectivités locales un droit de préemption en cas de liquidation par des groupes

  • La revalorisation des salaires ( Smic mais aussi revalorisation des professions), des retraites, des allocations chômage et des minima sociaux qui ont décroché du SMIC : ce sont le revenu minimum pour de plus en plus de personnes 30191 bénéficiaires duRSA dans le Calvados soit 61326 personnes concernées.

  • Lutter contre le pouvoir des banques : un outil public l'investissement pour les collectivités locales, le retour du livret de caisse d'épargne au financement du logement voilà qui donnerait les moyens financiers nécessaires pour des politiques publiques, pour la transition écologique ,

Priorité au social malgré les réductions de crédits de l'Etat

Des politiques locales en faveur de l'emploi (construction , emplois publics, chantiers locaux de la transition écologique, développement,t des transports publics..) constituent des réponses nous ne supprimerons pas la pauvreté et le chômage par la seule action municipale. Il faut des mesures pour les personnes en difficultés. Les communes devront faire ce choix budgétaire prioritaire en lieu et place des cadeaux aux entreprises et des dépenses de prestige

Les politiques, nationale et européenne, ont des conséquences concrètes sur les actions sociales des communes : « De 2015 à 2017, il faudra économiser 50 milliards de plus . 4% des dépenses collectives ».La commune va subir une baisse de la dotation de l'Etat au moment même où les dépenses augmentent du fait du transfert de charges et de l'acte 3 de la décentralisation. .

Dans sa conférence de presse sur le pacte de responsabilité , François Hollande propose un comité technocratique, le « conseil stratégique », pour décider des économies « intelligentes » à faire et des cadeaux au patronat à garantir. Pour l'instant c'est mis en œuvre pour les dépenses de l'Etat. Mais la logique et les contraintes européennes veulent que cette instance s'intéresse bientôt aux collectivités locales : elles sont déjà jugées par l'Union européenne, la cour des comptes et les experts gouvernementaux comme trop dépensières- et trop créatrices d'emploi et de projets. Nos élus s'engagent publiquement à refuser la dictature de cette instance antidémocratique et à défendre leur droit de choisir leurs politiques et la priorité à l'action sociale.

Des éluEs en défense des droits

Le conseil, les éluEs, doivent se donner pour orientation de défendre les habitants dont les droits sont niés par les institutions publiques et les entreprises privées :

Ainsi en est il de la surveillance de l'application de la loi Dalo (garantissant le droit au logement quand les autorités payent de centaines de nuitées d'hôtel ; le préfet ou la commune peuvent utiliser la réquisition des locaux vacants ; vu la nombre de locaux vides sur Caen de 3 à 5000 selon les modes de calcul) ou de celle de Pôle Emploi (aujourd'hui cette institution de plus en plus entre les mains du patronat, mène une chasse aux chômeurs qui sont laissés dans l'ignorance de leurs droits et subissent le non- respect des droits : la commune a le droit d'exiger de Pôle Emploi un respect des personnes : il s'agit de soutenir l'action et les revendications des associations et syndicats de chômeurs…Le conseil doit interpeller les pouvoirs publics et institutions sur toutes les restrictions de droits. (dont le conseil général et sa procédure inquisitoriale sur les demandes de RSA ; questionnaire de demande permettant un intrusion dans la vie privée, fichage électronique, contrôles et dispositifs tatillons voilà sans doute ce qui explique que la moitié de celles et ceux qui ont droit au RSA-activité -qui se cumule avec un sous emploi mal payé- ne le demandent pas et c'est tout bénéfice pour le conseil général )

Imposer des critère sociaux dans les appels d'offres publics permette de lutter contre la précarisation, les bas salaires et le dumping social.

Des propositions immédiates  :

  1. Défendre les droits sociaux, aider les personnes

    les aides aux personnes en difficultés, en agissant auprès des partenaires (fonds solidarité EDF, conseil général...qui ont des fonds de secours évitant la chute dans l'extrême précarité, mais pourquoi pas des interventions auprès de banques pour éviter des mesures extrêmes) mais aussi par un fonds d'urgence municipal rapide (aujourd'hui des centaines de personnes voient leurs allocations leur RSA suspendus ; le CCAS qui intervient en dernier recours intervient trop tard : il faut faciliter et parallèlement agir auprès des autres institutions pour accélérer les procédures ; l'accès ou la remise en route des droits peut prendre un temps aux conséquences désastreuses) . Le CCAS a pour tâche l'information des habitants sur leurs droits et il doit agir pour les aider à les faire valoir (c'est un point fondamental qui concerne des centaines de personnes sans droits): Un programme d'action doit associer les associations, syndicats, professionnels de terrain qui agissent sur la précarité et la pauvreté pour définir plus précisément les formes concrètes de ces aides. De même une politique humaine de hébergement d'urgence doit être mise en œuvre avec l'Etat et les collectivités, la mise en place des structures d'insertion soit d'habitat soit professionnelles...Il existe des réseaux et des professionnels qui sont prêts à expérimenter ces terrains


 

  1. Un toit c'est un droit

    Délibérations du conseil municipal contre les coupures d’eau et d’électricité, interdiction des expulsions sans relogement ( malgré les risques d'illégalité et de remis en cause par les tribunaux, ce sont là des outils importants du point de vue de la lutte politique et idéologique mais c'est aussi une aide ponctuelle non négligeable aux intéressés) , utilisation des offices publics de HLM ( ces organismes doivent devenir l'outil de la politique sociale municipale par le gel des loyers par exemple).

    La municipalité doit aussi favoriser la mise en place d'un observatoire citoyen du logement pour une évaluation collective des besoins avec les associations qui travaillent sur le logement... voir http://anpag.org/article.php3?id_article=794 Le logement est le principal outil à la disposition des municipalités sur le terrain de l'action sociale, celui où la marge de manœuvre est peut être la plus importante mais ceci nécessite au préalable, la mise en question publique des véritables besoins et pas seulement de besoins ponctuels ou particuliers

    Il faut une politique d'urgence combinant lutte contre les locaux vacants (réquisition , taxation..), des réponses à l'hébergement d'urgence et aux logements d'insertion pour imposer le droit au logement. Il est urgent d'exiger de tous les bailleurs, le gel des loyers. Mais le secteur privé -nous le voyons sur la dernière mandature- est incapable de répondre : les logements ne doivent pas seulement être étiqueté « sociaux » mais accessibles à tous, en nombre suffisant pour répondre aux demandes, et économes en énergie. Seul un service public associant maîtrise du foncier par les communes (ZAC, droit de préemption...), des offices publics au service d'une location vraiment sociale


 

  1. Combattre la liquidation du secteur associatif: 2014 doit se traduire par 30- 40 000 pertes d'emplois la dégradation des conditions de travail et des souffrances humaines, la destruction du lien social et la remise en cause des droits fondamentaux:voir le sites associations citoyennes http://www.associations-citoyennes.net/?p=3420oir. Il est difficile à la municipalité de suppléer le désengagement de l'Etat ( les subventions municipales ont leur limite, surtout en période de réduction des dotations budgétaires mais on peut voir si la ville ne peut pas se porter caution pour des prêts …)

    La municipalité doit d'urgence réunir tous les acteurs associatifs concernés en s'appuyant sur les réseaux existants (comme « Alerte » par exemple ) pour faire le point et définir une stratégie de résistance: le conseil de la vie associative et la maison des associations devraient se donner cette tâche en priorité. Pour les subventions, Il faudra bien un jour faire la clarté sur les subventions données au Stade Malherbe (entreprise capitaliste de spectacle), à des écoles privées ou encore des contrats payés cher à certains organismes d'études ou de formation ….